Cette page traite de la structure du CV. Pour son contenu rubrique par rubrique, voir Le CV suisse, d'après les sources officielles ; pour la photo, l'âge et la nationalité, voir cette page dédiée.
Chronologique, hybride ou par compétences
Toutes les sources officielles consultées décrivent d'abord le CV antichronologique : l'expérience la plus récente en premier. Le cabinet de recrutement Michael Page demande lui aussi un ordre antichronologique clair, sans période inexpliquée.
Le CV purement thématique, organisé par compétences au lieu des postes, existe : l'Office cantonal d'orientation vaudois le décrit pour une réorientation ou un parcours non linéaire, mais le dit « moins courant et plus complexe ». Côté recruteurs, Jobscan rapporte une méfiance répandue envers ce format, soupçonné de masquer des trous ou un parcours mince — ce sont des témoignages, pas une enquête chiffrée.
Entre les deux, la forme la plus souvent décrite est hybride : un court profil et les compétences clés en tête, puis le parcours antichronologique complet. L'État de Genève place les compétences avant l'expérience ; l'orientation professionnelle de Berne recommande de commencer par un court profil de deux ou trois phrases ; jobs.ch conseille un profil en première page et juge qu'une présentation thématique de l'expérience peut être judicieuse selon le domaine visé.
Pour qui change de voie, Berne décrit aussi un profil de compétences joint au CV chronologique, qui regroupe par thème l'expérience pratique et les compétences professionnelles, de méthode, sociales et personnelles. Dans les deux cas, une règle revient chez jobs.ch : une compétence annoncée gagne à être étayée — par une formation, un examen, ou une réalisation concrète.
Combien de pages
Les sources ne sont pas d'accord, et il vaut mieux le savoir :
- État de Genève et EURES : deux pages maximum.
- Vaud : « une page maximum » en 2019, puis « 1 à 2 pages A4 » dans le guide pour adultes de février 2023.
- Berne (2025) : deux à trois pages A4.
- SECO (arbeit.swiss) : trois pages maximum.
- EPFZ (2025) : deux pages après un bachelor ou un master, trois pour un doctorat ou un postdoc.
- jobs.ch (2024) : un CV peut dépasser deux pages.
En pratique : un parcours court tient sur une ou deux pages ; au-delà de deux, on sort de ce qu'admettent Genève et EURES, ce qui se justifie surtout par un long parcours ou un doctorat.
Ce que lisent les recruteurs
L'étude la plus citée est celle de Ladders (2018), par oculométrie : un premier tri d'environ sept secondes, où réussissent les mises en page simples, les titres clairs et les listes à puces, et où échouent les pages encombrées et les colonnes multiples. C'est une étude d'entreprise, non évaluée par des pairs : une indication, pas une loi.
Ce que lisent les logiciels de tri
Beaucoup d'entreprises reçoivent les candidatures par un formulaire en ligne qui extrait le contenu du CV. Nous n'avons trouvé aucune donnée publique sur leur usage en Suisse ; les pourcentages qui circulent portent sur d'autres marchés, ou sont introuvables à la source.
Sur la mise en page, deux sources vont dans le même sens. Le guide bernois signale que ces logiciels traitent mal les éléments graphiques, les tableaux complexes et les images. Textkernel, éditeur d'un de ces logiciels, explique que le texte des CV en colonnes peut être mélangé ligne par ligne, et indique qu'après amélioration de son outil, 90 % de ces CV sont correctement reconstitués — les autres ne le sont donc toujours pas.
Le point est contesté par certains sites commerciaux, et les exemples officiels vaudois ont eux-mêmes une colonne à gauche. La conclusion prudente : pour un formulaire en ligne, un CV à une colonne évite le risque ; pour un envoi par courriel ou sur papier, lu par une personne, une colonne latérale sobre convient.
Ce qu'aucune source ne dit
Nous n'avons trouvé aucune source fiable sur l'effet des étoiles ou barres de niveau, des frises chronologiques, ni sur un style graphique propre à un secteur. Les chiffres du type « +40 % de rappels » qu'on lit en ligne ne se retrouvent pas dans les études qu'ils citent ; nous ne les reprenons pas.